- L'adaptation aux lentilles de contact multifocales est le processus par lequel le système visuel apprend à choisir entre deux images qui se superposent simultanément sur la rétine.
- Le cerveau supprime alors l'image qui n'est pas nécessaire à ce moment-là, ce qui permet au porteur de bénéficier d'une vision utile aussi bien de loin que de près.
- EDOF signifie « profondeur de champ étendue » et indique que la conception de la lentille offre une zone de netteté utile plus large, plutôt que deux points focaux distincts.
- La période d'adaptation varie d'un porteur à l'autre et c'est le spécialiste qui, en fonction des symptômes et du comportement du porteur, décide s'il convient d'ajuster les lentilles ou de passer à un autre modèle.
- Les sensations ressenties par le porteur au cours des premiers jours peuvent être en grande partie gérées grâce à des explications préalables.
L'adaptation aux lentilles de contact multifocales explique pourquoi deux porteurs utilisant la même lentille peuvent vivre une toute première semaine très différente. Une adaptation multifocale ne concerne pas seulement l'optique, mais aussi la manière dont le système visuel traite l'image qui lui est présentée. Dans cet article, nous expliquons qu’avec une lentille multifocale, plusieurs images parviennent simultanément à la rétine, que le cerveau en sélectionne certaines, et ce que cela implique pour les explications que vous donnez au préalable. Ce que cet article ne fournit pas, c’est une durée d’adaptation exprimée en jours ni une limite de dioptries qui ne figure pas dans les informations sur le produit. Le texte s’achève sur la question de savoir quand passer à un autre modèle, afin de vous offrir un parcours complet, du principe à la décision finale en salle d’examen.
Qu'est-ce que l'adaptation aux lentilles de contact multifocales ?
L'adaptation aux lentilles de contact multifocales est le processus par lequel le système visuel apprend à gérer plusieurs images qui parviennent simultanément sur la rétine. Une lentille multifocale offre à la fois une correction pour la vision de près et pour la vision de loin. Le cerveau sélectionne à chaque instant l’image dont il a besoin et supprime l’autre. Au bout d’un certain temps, cette sélection se fait automatiquement, ce qui permet au porteur d’être moins conscient de la transition.
Il y a un aspect optique et un aspect neuronal dans cette histoire. L’aspect optique concerne la conception de la lentille qui fournit les images ; l’aspect neuronal concerne l’apprentissage de la sélection par le système visuel. Une bonne lentille ne garantit donc pas à elle seule une bonne vision : ce n’est qu’une fois l’adaptation enclenchée que l’image restituée devient exploitable. Pour savoir exactement comment une lentille de contact traite la lumière, consultez l’article de blog « Comment fonctionne une lentille de contact? ». En ce qui concerne le rôle de l’optométriste dans la correction de la presbytie, l’Association néerlandaise des optométristes (Optometristen Vereniging Nederland) est la référence professionnelle.
Comment le cerveau traite-t-il deux images nettes en même temps ?
Avec une correction multifocale, une image nette et une image moins nette apparaissent toujours côte à côte sur la rétine. Le système visuel évalue quelle image est la plus utile à ce moment-là et lui donne la priorité. Cette préférence varie en fonction de la distance de vision. Plus le système effectue ce choix fréquemment, moins cela demande d’attention. C’est la raison pour laquelle les premiers jours sont différents de la troisième semaine.
Le contraste et les conditions d’éclairage influencent le choix effectué par le système. En cas de faible luminosité ou de faible contraste, la distinction entre les images est moins nette, ce qui rend la sélection plus difficile et peut donner une impression d’image plus instable. Cela explique pourquoi un porteur a souvent moins de difficultés en plein air pendant la journée qu’à la lumière du soir ou devant un écran. Prenez cela en compte dans les explications préalables, afin que l’utilisateur comprenne pourquoi certaines situations sont plus difficiles que d’autres au début. Vous faites ainsi le lien entre le principe et l’expérience quotidienne.
Que signifie « EDOF » dans le contexte des lentilles de contact multifocales ?
EDOF signifie « profondeur de champ étendue » (en anglais : extended depth of focus). Une conception EDOF ne crée pas deux points focaux distincts, mais une zone plus large dans laquelle l’image reste nettement utilisable. Pour le porteur, cela se traduit par une transition plus fluide entre les distances. Pour le spécialiste, cela signifie que la mesure s’effectue différemment de celle d’une conception classique à zones séparées. Le principe utilisé par une lentille spécifique est indiqué dans les informations sur le produit.
La distinction entre un design concentrique et un design segmenté est importante à cet égard. Un design concentrique utilise des anneaux correspondant à différentes distances, un design segmenté utilise des zones délimitées, tandis qu’un design EDOF étend justement la zone de netteté. Les fabricants utilisent parfois une désignation propre à leur conception pour leur principe EDOF ; il s’agit d’un terme propre à la marque et non d’un terme technique général, il convient donc de l’expliquer lors de son utilisation et de renvoyer à la documentation du fabricant. Le principe de conception d’un objectif spécifique figure dans les informations sur le produit ; pour l’Opzie Omnifocal, ces informations se trouvent dans la documentation européenne du fabricant.
Que ressent le porteur pendant la période d'adaptation aux lentilles de contact multifocales ?
Au début, les porteurs signalent souvent que l’image leur semble encore instable, notamment lorsque les distances varient et en cas de faible luminosité. De même, la transition de la vision de près à la vision de loin peut sembler plus perceptible qu’avec une correction simple. Ces sensations s’atténuent généralement dès que le système visuel automatise l’adaptation. Le temps nécessaire à cette adaptation varie selon les porteurs et selon le modèle.
Dans vos explications, faites la distinction entre les symptômes liés à une adaptation normale et ceux qui nécessitent une attention particulière. Une vision instable et une transition consciente entre les distances font partie du processus d’adaptation. La douleur, les rougeurs, une baisse soudaine de la vision ou des sécrétions n’en font pas partie ; ces symptômes constituent une raison de revenir plus tôt, comme le décrivent également thuisarts.nl concernant les symptômes liés aux lentilles de contact et les informations sur les problèmes et complications. Les problèmes de confort liés à la sécheresse peuvent être abordés à l’aide de l’offre proposée dans la catégorie « soins oculaires ». Ainsi, le porteur sait quand il faut faire preuve de patience et quand il est nécessaire de prendre contact.
Combien de temps dure l'adaptation aux lentilles de contact multifocales ?
La période d’adaptation varie d’un porteur à l’autre. L’âge, l’expérience antérieure avec les lentilles, le modèle choisi, la correction utilisée et les habitudes visuelles quotidiennes jouent tous un rôle. C’est pourquoi il n’est pas judicieux de promettre un délai fixe en jours lors de la consultation. Ce qui aide en revanche, c’est d’expliquer à l’avance que la période initiale peut sembler différente, d’indiquer les points auxquels le porteur doit prêter attention et de convenir d’un rendez-vous de contrôle précis.
Le délai mentionné influence les attentes : si vous dites que l'adaptation se fait en quelques jours, un porteur chez qui cela prend plus de temps sera plus enclin à abandonner rapidement les lentilles. Formulez donc vos explications sans promettre de résultat. Indiquez par exemple que le système visuel a besoin de temps pour s’adapter, que de nombreux porteurs remarquent déjà une différence dès la première adaptation, et que vous évaluerez ensemble la situation lors du contrôle. Vous offrez ainsi un repère sans mentionner de délai que vous devrez respecter lors de la consultation. La procédure d’adaptation et de contrôle recommandée pour une lentille spécifique figure dans la documentation du fabricant.
Que signifie « adaptation » dans le cadre de la consultation d'adaptation ?
L’adaptation intègre les explications préalables à la procédure d’ajustement. Un porteur qui sait que la vision peut sembler différente au début sera moins enclin à abandonner ses lentilles. Précisez donc ce qui se passe, ce qui est normal, ce qui ne l’est pas et à quel moment le porteur doit revenir. Consignez ce que vous avez expliqué. Ainsi, lors d’une consultation de suivi, il sera possible de retracer quelles attentes ont été suscitées.
Une petite liste de contrôle pour l'entretien peut s'avérer utile : expliquez le principe de la sélection de la correction, mentionnez les situations qui peuvent poser davantage de difficultés au début, comme un faible éclairage, indiquez les symptômes qui justifient un retour anticipé, et convenez d'un rendez-vous de contrôle précis. Renseignez-vous également sur les distances de vision les plus importantes dans la vie quotidienne, afin d’adapter vos explications en conséquence. Pour découvrir les avantages que cela apporte au cabinet et comment une bonne préparation influe sur la durée de l’examen, consultez l’article de blog consacré au temps passé au fauteuil. Pour la formation, consultez l’offre de webinaires destinés aux professionnels.
Quand faut-il changer de modèle de lentille ?
Un changement de modèle peut être envisagé lorsque les symptômes ne s'atténuent pas après une période convenue, lorsque le porteur ne porte pas la lentille comme prévu ou lorsque les valeurs mesurées ne correspondent pas au modèle. Vérifiez d'abord si l'ajustement et la correction sont corrects et si la lentille est bien positionnée. Ce n'est qu'ensuite que vous pouvez envisager un autre modèle. Notez à chaque étape ce que vous avez vérifié et ce que vous avez modifié.
L'astigmatisme joue un rôle dans le choix du modèle : la valeur maximale de cylindre prise en compte par un modèle est indiquée dans les informations produit européennes du fabricant et ne relève pas d'une règle empirique. Si le choix du modèle s'inscrit dans le cadre d'un suivi chez un jeune porteur, le blog consacré à la prise en charge de la myopie à l'aide de lentilles de contact est également pertinent. Vous trouverez la marque et la gamme complète sur la page dédiée à Opzie. Consultez les informations sur le produit pour connaître la plage de correction et l'adéquation avant de choisir un autre modèle.
Ces informations sont de nature générale et ne remplacent en aucun cas un avis personnalisé. En cas de problèmes ou de doutes, consultez votre spécialiste des lentilles de contact, votre opticien ou votre ophtalmologue.
Foire aux questions sur l'adaptation aux lentilles de contact multifocales
Qu'est-ce que l'adaptation neuronale aux lentilles de contact ?
Il s'agit du processus par lequel le système visuel apprend à gérer une nouvelle information visuelle. Dans le cas des lentilles multifocales, cela signifie apprendre à faire le choix entre les images qui parviennent simultanément sur la rétine. Au début, ce choix demande de l'attention, puis il devient de plus en plus automatique. Le système visuel ne se limite pas à l’œil, mais englobe également le traitement de l’information dans le cerveau ; ce traitement s’adapte à la nouvelle information visuelle. C’est pourquoi l’adaptation ne dépend pas uniquement de la lentille, mais de la collaboration entre l’œil et le cerveau. Concrètement, cela signifie que lors d’un ajustement de verres multifocaux, il faut tenir compte d’une période d’adaptation et expliquer au porteur que, dans un premier temps, la vision lui semblera différente de ce à quoi il est habitué.
Pourquoi tous les porteurs ne voient-ils pas immédiatement net avec des lentilles multifocales ?
Car l'aspect optique ne représente que la moitié de l'histoire. Le système visuel doit également apprendre à utiliser ces lentilles. L'expérience antérieure avec les lentilles, leur conception, leur puissance et les habitudes visuelles quotidiennes déterminent en partie le déroulement de la période d'adaptation initiale. Deux porteurs utilisant la même lentille peuvent donc connaître une adaptation très différente. L’un s’y habitue rapidement, l’autre a besoin de plus de temps. C’est tout à fait normal et cela ne remet pas en cause la qualité de l’adaptation. Expliquez-le à l’avance, afin que le porteur ne s’inquiète pas si la vision est encore instable au début. Lors du contrôle, évaluez si l’adaptation est en bonne voie et si les valeurs mesurées ainsi que la lentille correspondent bien aux besoins de l’utilisateur.
Que signifie exactement « EDOF » ?
EDOF signifie « profondeur de champ étendue ». Cette conception élargit la zone dans laquelle l'image reste nettement utilisable, au lieu de proposer deux foyers distincts. Les informations fournies par le fabricant précisent si une lentille utilise ce principe. Pour le porteur, une conception EDOF se traduit souvent par une transition plus fluide entre les distances, car il n’y a pas de frontière nette entre les zones. Pour le spécialiste, cela modifie la procédure d’adaptation : on travaille avec une zone de netteté étendue plutôt qu’avec des zones distinctes. Il ne faut pas confondre l’EDOF avec une conception concentrique ou segmentée, car celles-ci fonctionnent selon un principe différent. La conception qui convient à un porteur dépend de son comportement visuel et de la plage de correction indiquée par le fabricant.
Une lentille multifocale est-elle identique à un verre de lunettes multifocal ?
Non. Avec des verres de lunettes, le porteur regarde à travers différentes zones en déplaçant son regard. Avec une lentille de contact, la correction suit les mouvements de l’œil, ce qui impose une autre tâche au système visuel. Avec des lunettes, le porteur apprend à regarder à travers quelle partie du verre en fonction de la distance ; avec une lentille, la correction se trouve toujours au même endroit devant la pupille, quelle que soit la direction du regard. Le système visuel doit donc apprendre à faire le tri parmi les images qui lui sont présentées simultanément, plutôt que d’apprendre par où il doit regarder. Cette différence explique pourquoi l’adaptation à une lentille multifocale se déroule différemment de celle à des lunettes multifocales, même chez les porteurs qui portent ce type de lunettes depuis des années.
Combien de temps dure la période d'adaptation ?
Cela varie selon le porteur et le modèle. Ne donnez donc pas de délai fixe comme promesse. Convenez plutôt d’un rendez-vous de contrôle précis et expliquez à l’utilisateur ce à quoi il doit prêter attention entre-temps. Des facteurs tels que l’âge, l’expérience antérieure avec les lentilles, le modèle, la correction et les habitudes visuelles quotidiennes déterminent en partie la rapidité de l’adaptation. Un délai précis influence les attentes et peut conduire un porteur, chez qui l’adaptation prend plus de temps, à abandonner prématurément. Précisez donc que le système visuel a besoin de temps, que de nombreux porteurs remarquent déjà une différence dès le premier ajustement et que vous évaluerez ensemble l’évolution lors du contrôle. Vous offrez ainsi un repère sans promettre un résultat que vous ne pouvez pas garantir.
Quels sont les symptômes normaux liés à la période d'adaptation ?
Une vision floue lors des changements de distance et en cas de faible luminosité peut survenir au début. La douleur, les rougeurs, une baisse soudaine de la vision ou des sécrétions n’en font pas partie et constituent des raisons de contacter immédiatement un professionnel. Précisez clairement cette distinction dès le départ, afin que le porteur sache quand il doit faire preuve de patience et quand il doit intervenir. Les symptômes d’adaptation s’atténuent généralement à mesure que le système visuel automatise la sélection de l’image. Les signes d’alerte peuvent indiquer un autre problème, tel qu’un mauvais ajustement de la lentille ou une affection oculaire, et nécessitent une évaluation. Expliquez au porteur qu’en cas de doute, il peut toujours vous contacter, car un contrôle rapide permet d’éviter qu’un petit problème ne s’aggrave ou que le porteur n’abandonne inutilement le port des lentilles.
L'astigmatisme peut-il être corrigé avec une lentille multifocale ?
La valeur maximale d’astigmatisme prise en charge par un modèle est indiquée dans la notice européenne du fabricant. Reportez-vous à cette limite figurant dans la documentation officielle et non à une règle empirique ou à un ancien texte publié sur Internet. Certains modèles multifocaux prennent en charge un cylindre limité, d’autres nécessitent un modèle torique ou une autre solution. Mesurez le cylindre et vérifiez qu’il correspond à la plage de correction indiquée par le fabricant avant de choisir un modèle. Si le cylindre se situe en dehors de cette plage, envisagez une alternative. Évitez de vous fier aux limites de correction indiquées dans les supports marketing ou dans des textes obsolètes, car celles-ci peuvent s’écarter des informations actuelles sur le produit. La documentation du fabricant constitue la source fiable pour connaître les capacités d’un modèle spécifique.
Que pouvez-vous faire à l'avance pour réduire le risque d'abandon ?
Expliquez ce que le porteur va ressentir, pourquoi cela se produit et à quel moment vous le reverrez. Demandez-lui quelles sont les distances de vision les plus importantes dans sa vie quotidienne et adaptez vos explications en conséquence. Un porteur qui sait que la vision lui semblera différente au début et qui en comprend la raison sera moins enclin à abandonner ses lentilles. Abordez les situations qui peuvent s’avérer plus difficiles au début, comme la faible luminosité ou le travail sur écran, afin que cette expérience ne soit pas une surprise. Convenez d’un rendez-vous de contrôle précis et indiquez-lui quels symptômes justifient de vous contacter plus tôt. Ces explications préalables constituent l’un des éléments les plus importants pour garantir la réussite d’un ajustement, et elles ne prennent que peu de temps par rapport au résultat obtenu.
Que faut-il noter après un examen de prescription multifocale ?
Notez bien le modèle et la correction utilisés, ce que vous avez expliqué, les plaintes mentionnées par le porteur et la date de contrôle convenue. Lors d’une consultation de suivi, ces informations serviront de base pour évaluer s’il est nécessaire d’ajuster la prescription. Un enregistrement rigoureux permet de retracer clairement les attentes que vous avez suscitées et les accords conclus, même si la consultation de suivi est assurée par un autre collaborateur. Notez également les valeurs mesurées et l’éventuel cylindre, afin de pouvoir vous y référer en cas de doute sur le modèle. La cohérence dans la constitution du dossier permet de suivre l’adaptation du porteur au fil des rendez-vous et de déterminer s’il est nécessaire de passer à une autre conception. Utilisez toujours la même structure dans le dossier à cet effet.
Quand faut-il orienter un patient vers un ophtalmologue ?
En cas de symptômes qui ne correspondent pas à une phase d'adaptation, d'anomalie oculaire dépassant vos compétences ou de doute concernant l'état de vos yeux. Dans ce cas, orientez le patient vers un spécialiste et expliquez pourquoi. Une douleur, une rougeur, une baisse soudaine de la vision ou un écoulement sont des signes que vous devez prendre au sérieux et que vous ne devez pas attribuer à une simple période d’adaptation. De même, si vous constatez lors de l’examen un élément qui ne relève pas de votre domaine de compétence, l’orientation vers un ophtalmologue est la démarche appropriée. Évaluez d’abord si le problème est lié à la lentille, à l’ajustement ou à l’adaptation, mais faites preuve de prudence si la situation reste floue. Consignez par écrit le motif de l'orientation et vos observations, afin que l'ophtalmologue et vous-même ayez une vision claire et traçable de l'évolution du cas.